INA · 27 avril 1966
Femme patron pêcheur à Royan
Reportage du journal télévisé de 20 heures, tourné sur le port de Royan.
Voir sur ina.frRoyan · Charente-Maritime · Rôle d'équipage
1926–1999. Première femme marin-pêcheur professionnel de France (1963). Mécanicienne, autrice — celle qui a fait tomber l'ordonnance de Colbert.
1926 — 2026 · centenaire de sa naissance
Portrait
Face aux tempêtes de l'existence, certaines voix refusent de se plaindre et choisissent d'agir.
C'est l'histoire d'une femme qui s'est retrouvée seule, vraiment « seule, seule », pour mener le plus grand des combats : celui de faire vivre sa famille.
Partie de rien, sans travail et avec cinq enfants à charge, elle a dû faire face à la réalité d'une séparation et d'un divorce. Loin d'être un aveu de faiblesse, cette rupture est devenue le point de départ d'un courage hors du commun. Pour nourrir les siens, il fallait une détermination à la hauteur de l'épreuve.
C'est cette urgence vitale qui l'a poussée à embarquer, à braver la mer et ses incertitudes. Partir pour une marée à la journée, ce n'était pas seulement affronter les éléments : c'était l'assurance de revenir le soir avec la godaille, ce précieux revenu de la pêche qui permettait de mettre de quoi manger sur la table. Elle s'est débrouillée toute seule, à la force de ses poignets et de son amour maternel.
Une trajectoire exemplaire, écrite dans la dignité, le travail et le sacrifice silencieux d'une mère d'exception.
En mémoire
La France, comme l'Angleterre, montre une remarquable ingratitude envers ceux qui la font progresser. Il est de notre devoir de soulever cette injustice et de ramener la lumière sur ces étoiles cachées.
La reconnaissance, telle une feuille emportée par le vent,
Ne trouve parfois de repos en notre terre ingrate,
L'histoire de Sonia de Borodaewsky, telle une larme,
Perle silencieuse, oubliée dans les brumes du passé.
Son nom, une mélodie douce, une symphonie d'audace,
Sonia, épouse Delouteau, femme au destin surprenant,
Une pionnière, une esquisse de féminité maritime,
Dans un monde d'hommes, où le courage prend des formes infinies.
Mais il est de notre devoir de soulever cette injustice,
De ramener la lumière sur ces étoiles cachées,
Car la grandeur de ceux qui éclairent notre chemin,
Ne peut être étouffée par les ombres de la médiocrité.
Sonia de Borodaewsky, une étoile fulgurante dans l'ombre,
Première femme française inscrite dans les eaux maritimes,
Son courage et son talent brillaient tels des phares,
Guidant les générations futures sur des horizons inédits.
Sonia de Borodaewsky, symbole d'une féminité émancipée,
Dans un monde où les barrières se faisaient forteresses,
Son héritage perdure comme un testament d'espoir,
Rappelant à tous que la grandeur n'a pas de sexe ni de frontières.
À propos
D'après La Houle, de Sonia de Borodaewsky
Elle est née à Saïgon le 21 août 1926, d'un père russe issu d'une famille de grande noblesse dépouillée par la révolution. Rien, dans cette enfance-là, ne la destinait aux quais de Royan.
Elle y arrive avec cinq enfants et sans travail. Le port est sous ses fenêtres : l'eau boueuse à marée basse, les ramasseuses d'huîtres cassées en deux, les mains ouvertes par les coquilles, les chalutiers qui rentrent à la criée. Elle regarde cela pendant des mois. Puis, un matin d'avril, assise sur un cordage, elle cesse de résister et demande à embarquer.
Un patron accepte de la prendre. Le métier qu'elle découvre n'a rien de la rêverie maritime : quatorze heures de mer, cinq heures pour débarquer la pêche, faire les courses et voir ses enfants, cinq heures de sommeil, et recommencer. Elle raconte ses maladresses sans les travestir — les nœuds qui lâchent, le guide-fune cassé à quinze mille francs, l'ordre mal compris qui la fait passer pour l'idiote du port. Elle raconte aussi ses mains, gonflées et entaillées par le triage, qui couraient autrefois, légères, sur un piano.
Un matin, son patron ne peut plus l'embarquer : le syndic a rappelé la règle. Les femmes ne peuvent ni naviguer à la pêche, ni figurer sur un rôle d'équipage. Continuer à la prendre à bord sans la déclarer lui vaudrait une amende. Aucune femme n'est alors légalement inscrite. Elle répond qu'elle sera la première.
Elle achète alors son propre bateau, le Voluntas Dei, construit en 1954, et emprunte sept cent mille francs pour l'équiper. Armateur de son navire, elle doit pourtant embaucher un patron : la loi ne lui reconnaît aucun droit à bord. Après des mois de démarches, la marine marchande finit par lui délivrer un livret d'aide-pêche — un fascicule habituellement réservé au personnel féminin des paquebots, qui porte pour la première fois la mention « à la pêche ». La voilà inscrite sur le rôle, payée comme un matelot. Mais elle sait déjà qu'elle ne tiendra jamais la barre seule, et qu'elle ne sera jamais patron de son propre bateau. Le combat administratif qui suivra est raconté plus bas.
C'est de cette vie-là qu'est né La Houle, écrit la nuit, entre deux marées, publié chez Julliard en 1959 et couronné du prix Maryse Bastié. Un livre sans complaisance, où l'émerveillement — la masse grouillante qui jaillit du chalut, les crevettes qui crissent, la seiche qui glousse comme une poule en colère — voisine avec l'épuisement et l'humiliation.
Restait l'essentiel, qu'aucun texte administratif ne lui donnerait : un homme qui la respecte. Elle engage Amédée Delouteau comme patron. Il prend sous son aile ses cinq enfants sans jamais poser de questions, dessine avec elle le chalutier de sa victoire, et ne la quittera plus.
Retirés à Meschers-sur-Gironde, ils s'y sont éteints l'un après l'autre : Sonia en février 1999, Amédée le 29 juillet 2011, à l'hôpital de Royan. Il avait toujours gardé près de lui les cendres de sa femme. Après sa disparition, celles des deux ont été dispersées ensemble au large du phare de Cordouan, dans l'estuaire de la Gironde, entourées de leur famille et de leurs amis.
En 2006, Jean-Louis et Nadine Plantevigne ont recueilli son témoignage à La Cotinière. Il y raconte, dans ses propres mots, l'embarquement à douze ans le lendemain du certificat d'études, l'ouragan de février 1935, le passage d'aviateurs vers l'Angleterre le 23 juin 1940, sa mère fusillée le 2 octobre 1942, le S.T.O. et l'évasion, les réseaux de résistance, puis la nuit du 1er mai 1945 et la libération de Saint-Pierre-d'Oléron.
Portraits
Un texte hérité du système des classes institué par Colbert au XVIIe siècle interdisait aux femmes de figurer sur le rôle d'équipage — seul acte ouvrant droit au salaire, à la protection sociale et à la retraite. Sonia se lance malgré tout dans la marine de pêche avec son propre chalutier, le Voluntas Dei, en semi-légalité.
La première femme marin de France persévère, malgré de nombreux conflits avec les Affaires maritimes. Elle entre à l'École de navigation de La Rochelle, institution qui n'avait jamais eu de femmes sur ses bancs, et en sort diplômée. Elle obtient ainsi d'être portée au rôle comme mécanicienne — sans pour autant avoir le droit de tenir seule la barre. Sa bataille administrative aboutit le 28 janvier 1963 : l'interdiction tombe pour toutes. Elle restera mécanicienne et armateur de ses propres bateaux.
Hélas, un matin, son patron lui annonce, gêné, qu'il ne peut plus l'embarquer : le syndic a invoqué un texte hérité de Colbert interdisant aux femmes d'être inscrites sur les rôles d'équipage.
Celle que l'on surnomme désormais « Quat'sous d'fil » ou « Sonia l'Ablette », pour sa petite taille et sa fragilité apparente, ne se laisse pas abattre par le sort et décide alors d'acheter son propre bateau. Un ami de sa famille accepte de lui fournir l'argent ; elle le remboursera marée après marée. Elle trouve un vieux rafiot baptisé le Voluntas Dei. Mais, bien qu'armateur, le règlement de la Marine marchande lui interdit la délivrance du fascicule d'inscrit maritime parce qu'elle est une femme. Propriétaire de son bateau, elle doit embaucher un patron responsable et sera considérée comme sa passagère.
Cette situation la révolte. Si elle s'en accommode temporairement, elle entame une lutte permanente contre l'administration, arrachant dérogation sur dérogation. Après huit mois de harcèlement, elle obtient son livret professionnel d'« aide de pêche, troisième catégorie ». Elle peut désormais travailler et être payée en tant que matelot, mais n'a pas le droit de tenir seule la barre.
En 1957, la maladie la cloue pendant six mois sur un lit d'hôpital. Elle reprend ses notes, les complète et donne ainsi naissance à un livre : La Houle. Elle choisit un éditeur au hasard, Julliard. Par retour du courrier, celui-ci lui envoie un contrat. Non seulement La Houle est édité, en 1959, mais il remporte le prix Maryse Bastié, décerné chaque année à une femme écrivain qui réussit à s'imposer dans un métier dangereux et y trouve sa source d'inspiration.
Son livre remporte un très grand succès, avec des traductions dans plusieurs langues. Elle donne de nombreuses interviews, se trouve souvent invitée à participer à des manifestations littéraires, des cocktails, des soirées en compagnie de Minou Drouet et de Françoise Sagan, les deux autres stars du stylo de cette fin des années 1950. Après la franche hostilité des Royannais, cette reconnaissance la touche, et ce monde brillant d'intellectuels parisiens la fascine un peu. Julliard lui signe un contrat pour cinq romans. Elle écrit La Fille du vent, dans la droite ligne de La Houle, mais l'éditeur lui demande de corser son roman avec une histoire sentimentale. Elle refuse tout net et rompt son contrat. Adieu donc le Tout-Paris littéraire et l'écriture de romans : retour à Royan.
Elle décide alors de s'inscrire à l'École de navigation de La Rochelle pour apprendre la mécanique marine. Le vieux et respectable directeur s'insurge : « Si cette femme entre dans mon école, je m'en vais. » Sonia est acceptée après être intervenue auprès du ministère concerné (être célèbre, ça aide) et, quelques semaines plus tard, le directeur donne sa démission.
À la fin de l'année 1961, elle obtient un excellent classement et un diplôme : le « brevet de mécanicien à la pêche, sixième catégorie ». C'est le premier brevet de ce genre obtenu par une femme. Une victoire, mais la loi lui interdit toujours de tenir la barre.
Son combat continue. C'est alors que, à la suite d'un sabotage, le Voluntas Dei coule dans le port de Royan. Loin de se laisser abattre, elle participe à l'émission Vous êtes formidables ! de Pierre Bellemare, sur Europe n° 1, pour trouver l'argent d'un nouveau bateau. Il s'appelle Rodolphe-Maryse. Avec lui, elle a le loisir d'approfondir ses connaissances mécaniques, tant ses pannes de moteur sont fréquentes.
Quand elle lâche la clef de douze, elle poursuit son combat pour l'égalité complète de ses droits avec ceux des hommes. Elle n'est plus seule : l'administrateur de l'inscription maritime de La Rochelle appuie son dossier, et elle écrit à de nombreux parlementaires jusqu'à ce qu'André Lacaze — maire de Cozes de 1947 à 1973, député de la Charente-Maritime — décide de la soutenir. Il frappe aux bonnes portes et sait se montrer persuasif : le 28 janvier 1963, elle voit enfin sa victoire se concrétiser. Une décision de l'administration de la Marine marchande libère les femmes de l'interdiction héritée de Colbert et leur ouvre les écoles de la mer.
Le terme d'« inscrit maritime », lui, ne disparaîtra que deux ans plus tard : c'est la loi du 9 juillet 1965, supprimant l'inscription maritime, qui lui substitue celui de « marin de la marine marchande ».
Égales aux hommes, elles obtiennent le droit à un salaire, sans aucun quota discriminatoire. Pour fêter sa victoire, Sonia fait construire un grand chalutier rouge et blanc, le Tantaë, livré en 1964, conçu par Amédée Delouteau — son capitaine depuis avril 1961 — dont elle a réalisé les plans novateurs avec lui et un architecte naval. Il sort des Chantiers L'Entente, aux Sables-d'Olonne, où il appartient à une série. Elle engagera un procès pour malfaçon contre Berliet, le motoriste. Elle vit enfin pleinement sa passion pour la mer.
Emportée par son élan, elle achète une pêcherie au Verdon et crée une école féminine de mécanique marine. Cette dernière ne durera pas, le nombre de volontaires étant limité.
Elle épouse Amédée Delouteau en 1972. Le couple divorce ensuite pour des raisons purement administratives, avant de se remarier en 1992. Leurs relations avec cet homme de caractère avaient été longtemps professionnelles : elle l'avait engagé en tant que patron, et il entendait bien assumer intégralement sa charge. Un jour de désaccord, il lui avait d'ailleurs signifié qu'il entendait être seul maître à bord. Reconnaissant cette vérité de la mer, elle ne lui en avait pas tenu rigueur. Bien au contraire : un jour de relâche à Port-Bloc, au Verdon-sur-Mer, elle lui avait montré ses talents de musicienne et de chanteuse sur le piano délaissé d'un bar du port. Comment aurait-il pu résister ? Dès lors, ils ne se quittèrent plus, jusqu'à la mort — intervenue en février 1999 — de celle qui s'appela désormais Sonia de Borodaewsky-Delouteau.
* Inscrit maritime : marin enregistré auprès des Affaires maritimes. Le
système des classes institué par Colbert à partir de 1665 devient l'inscription maritime en
1795 ; elle est supprimée par la loi du 9 juillet 1965, qui remplace « inscrit maritime » par
« marin de la marine marchande ». Avant la suppression du service national, l'inscrit maritime
était appelé dans la Marine nationale.
** Tantaë, baptisé d'après l'expression latine « tantae molis erat romanam
condere gentem ! » (« Tant il était difficile de fonder l'Empire romain ! ») : construit en
1964 aux Sables-d'Olonne par les Chantiers L'Entente, immatriculé M 10 231 au quartier maritime de Marennes. Longueur hors tout
14,39 m, largeur 4,70 m, jauge brute 23,54 tonneaux, moteur Berliet gasoil de 140 chevaux.
Rayé du registre de la pêche pour destruction le 24 décembre 1991, après vingt-sept ans de
service sous trois noms successifs.
Album
Archives familiales et documents d'époque : le port de Royan, les trois bateaux, les années de combat administratif et de reconnaissance littéraire.
Coquillages
Sans âge
Volute
Flûte
Spirale
Coquillages
Sans âge
Où chante
Roule
Et cale
La houle
Mouvante
Écrit à bord du chalutier Tantaë, dans le golfe de Gascogne, en 1962. Ce poème a obtenu le premier prix de poésie de la Maison des jeunes de Cognac, décerné par les Artistes et Poètes de France.
Planche illustrée contemporaine, réalisée d'après le poème.
Images contemporaines réalisées en hommage au Tantaë et à celle qui l'a fait construire.
La décision du 28 janvier 1963 a ouvert aux femmes les métiers de la pêche et de la marine marchande. Aujourd'hui, elles embarquent à la pêche, au commerce et dans la Marine nationale — dans les conditions que Sonia de Borodaewsky a arrachées à l'administration.
Le 25 octobre 2025, Royan lui a rendu l'hommage qui lui manquait : une plaque commémorative a été inaugurée sur le port, et un quai porte désormais son nom — le quai Sonia de Borodaewsky, face à l'estuaire qu'elle a tant navigué.
Ligne de sonde
Naissance à Saïgon, en Indochine Père russe, d'une famille noble ruinée par la révolution
Six mois d'hôpital — elle reprend ses notes et écrit Le manuscrit deviendra La Houle
La Houle paraît chez Julliard Prix Maryse Bastié · traduit en anglais et en portugais dès 1961
Amédée Delouteau devient son capitaine Rencontre décisive, professionnelle puis personnelle
Brevet de mécanicien à la pêche, 6e catégorie Premier brevet de ce genre obtenu par une femme — c'est par cette brèche qu'elle entre au rôle d'équipage
L'interdiction héritée de Colbert tombe pour toutes les femmes Le rôle d'équipage et les écoles de la mer leur sont ouverts
Le Tantaë sort des Chantiers L'Entente, aux Sables-d'Olonne Chalutier rouge et blanc de 14,39 m, immatriculé M 10 231 au quartier de Marennes
L'inscription maritime est supprimée « Inscrit maritime » devient « marin de la marine marchande »
Mariage avec Amédée Delouteau Divorce ultérieur, pour des raisons administratives
Second mariage avec Amédée Delouteau
Le Tantaë est rayé du registre de la pêche Vingt-sept ans de service, trois noms, quatre quartiers maritimes
Disparition à Meschers-sur-Gironde
Décès d'Amédée — les cendres sont dispersées ensemble Au large du phare de Cordouan, estuaire de la Gironde
Royan lui rend hommage Une plaque commémorative est inaugurée sur le port, et un quai porte désormais son nom : le quai Sonia de Borodaewsky
La Houle reparaît en édition augmentée Rééditée par les héritiers de Sonia de Borodaewsky en français, en anglais et en portugais, avec une préface et un cahier photographique inédit — soixante-sept ans après Julliard
Centenaire de sa naissance Une biographie paraît chez BoD, signée Catherine Goulletquer
Reportages
En parallèle de son activité maritime, Sonia de Borodaewsky écrit romans, essais et poèmes, dont l'esprit est imprégné par sa foi catholique et son amour de la mer.
La Houle, récit autobiographique qui relate ses débuts dans la marine, sera traduit en plusieurs langues et recevra le prix Maryse Bastié.
INA · 27 avril 1966
Reportage du journal télévisé de 20 heures, tourné sur le port de Royan.
Voir sur ina.frVidéo · 7 février 1967
Reportage diffusé en compagnie du navigateur Jacques-Yves Le Toumelin.
Voir la vidéoLire Sonia
« J'ai toujours aimé la mer. » Ainsi s'ouvre La Houle. Longtemps, Sonia de Borodaewsky n'a pas osé se l'avouer. Puis, un matin d'avril, assise sur un cordage à regarder le port de Royan, elle a cédé.
Ce jour-là, elle a trente ans et cinq enfants. Elle embarque.
Ce qui suit n'est pas une rêverie maritime. C'est le port à marée basse, l'eau boueuse au pied des quais, les ramasseuses d'huîtres cassées en deux, les mains ouvertes par les coquilles. C'est un chalut éventré qui déverse sur le pont une masse grouillante : les crevettes qui crissent, les crabes qui crépitent, une seiche qui glousse comme une poule en colère. C'est quatorze heures de mer, cinq heures pour débarquer la pêche, faire les courses et voir ses enfants, cinq heures de sommeil. Et recommencer le lendemain.
Sonia écrit ce qu'elle voit, sans l'embellir. Le poulpe qu'elle remet à l'eau plutôt que de le tuer, et le matelot qui se moque de sa pitié. Les nœuds de confiseur au lieu du nœud plat. Le guide-fune cassé, quinze mille francs. L'humiliation d'apprendre un métier devant des hommes qui vous regardent apprendre.
Le livre lui vaut le prix Maryse Bastié en 1959 et l'ouvre aux salons parisiens. Elle rentre à Royan. Ce qu'elle voulait n'était pas la gloire : c'était figurer sur le rôle d'équipage comme les hommes, avec le salaire, la protection sociale et la retraite. Elle a fini par l'obtenir — et par l'obtenir pour toutes celles qui viendraient après.
Le récit direct de ses débuts dans la marine et de son bras de fer avec l'administration. Disponible en français, en version papier et en numérique.
La version anglaise du récit, disponible en papier et en numérique.
« La femme qui a ouvert la mer aux femmes. » Une biographie publiée pour le centenaire de sa naissance, de Saïgon à Meschers-sur-Gironde.
« The Woman Who Paved the Way for Other Women in the French Maritime Industry ». La traduction anglaise de la biographie du centenaire.
Le livre peut être commandé directement auprès de l'ayant droit, en version papier, à un prix exclusif — ou en librairie.
Libraires : contactez webmaster-saisie@hachette-livre.fr ou passez commande via EDI, Dilicom ou le portail hachette-diffusion.fr
Presse & liens
Sud Ouest · Royan
Retour sur le combat administratif qui a ouvert la mer aux femmes.
Lire l'articleSud Ouest · Royan
Rencontre autour de l'œuvre et de la mémoire de Sonia de Borodaewsky.
Lire l'articleMaud Fontenoy
Le chapitre consacré à Sonia, en accès libre au format PDF.
Ouvrir le PDFEncyclopédie
Biographie encyclopédique et sources associées.
Consulter la noticeMémoires de guerre
Fiche biographique consacrée à son parcours de résistante et de marin.
Lire la fichePêche Tonton
Article consacré à la pionnière de la pêche professionnelle.
Lire l'articlePays Royannais magazine · n° 2, 2015
Le magazine en lecture intégrale sur Calaméo.
FeuilleterHéraldique · Gerbovnik
Blason enregistré de la famille noble de Borodaevsky.
Voir le blason
Deux planches du recueil d'armoiries de la noblesse de la province de Voronej, dont Sonia de Borodaewsky descendait par son père.
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